Jean-Noël Bouillon
Jean-Noël Bouillon
Jean-Noël Bouillon est un de nos fidèles lecteurs, déjà depuis plusieurs années.
Récemment, il nous a envoyé ce texte concernant le récit de la NDE qu’il a vécu en 1985, à la suite d’un grave accident de la route.
Nous sommes heureux de vous présenter ce témoignage qui relate très sobrement cette aventure fantastique que constitue toujours une NDE dans la vie de son «experienceur».
Merci à Jean-Noël Bouillon d’avoir pris cette initiative. Porter témoignage est toujours un acte important. C’est aussi ce que nous demandent de faire certains messagers de l‘Au-delà.
(Les sous-titres sont de la rédaction)
Ma NDE
Le 11 février 1985, une matinée comme les autres. Je me levai comme tous les jours, pour me rendre à mon travail. Ce matin-là, j’étais un peu las et pas vraiment dans mon assiette; et, en discutant avec ma femme de choses et d’autres, je lui confiai que je n’avais pas du tout envie d’aller travailler.
PRÉPARATIFS ET MALAISE
Tout en préparant ma petite valise, je cherchais une raison pour ne pas aller faire un cours à des vendeurs qui m’attendaient à Lille le lendemain matin, à 8 heures (j’étais responsable formation commerciale dans une (<multinationale)> ). Après avoir fait dans ma tête le tour des raisons possibles, aussi bien professionnelles, personnelles que de santé et n’ayant rien trouvé, ma femme et moi avons pris le petit-déjeuner ensemble avant de sauter dans notre voiture respective pour nous retrouver au travail, à notre siège social.
Pendant toute la matinée et cette matinée fut longue, très longue, je préparai mes projecteurs et autres outils de travail, je les chargeai dans ma voiture sans aucun empressement, mais tout en continuant à chercher une bonne raison pour ne pas partir.
Le dimanche après-midi donc la veille, j’avais déjà commencé à échafauder de bonnes raisons qui pouvaient éventuellement me permettre de ne pas faire ce déplacement, mais sans résultats plausibles compte tenu de la réputation de sérieux que je m’étais forgée dans l’entreprise.
Donc, il était écrit que je devais, coûte que coûte, faire ce déplacement.
Ce lundi matin 11 février, aux environs de 11 heures 11 heures 30, après avoir mangé une petite barre de chocolat fourrée, en compagnie de ma femme dans son bureau, je prenais, la mort dans l’âme, la décision de partir et ceci après avoir reçu toutes les recommandations d’usage de mon petit bout de femme adorée.
Ce matin-là, la seule et unique satisfaction que j’avais dans le cour, au moment du départ, était de m’installer au volant de ma superbe voiture et de pouvoir la conduire pendant au moins 6 à 7 heures d’affilée, arrêts compris, pour me rendre à ce cours de vente que je dispensais à une douzaine de vendeurs de la région de Lille.
Ce 11 février 1985, il faisait beau, sec et froid sans humidité apparente. La route était idéale pour faire un long parcours dans ma voiture, que j’aimais beaucoup conduire sur de longues distances.
L’ACCIDENT
Je pris l’autoroute à la sortie de Dijon et à bonne allure, je roulai bien calé dans mon siège en écoutant les cassettes de jazz que j’avais enregistrées selon mes préférences.
À la hauteur d’Auxerre sud, alors que je venais de doubler quelques voitures, j’arrivai rapidement dans une très légère courbe et je me trouvai face à une congère de neige verglacée, longue de 300 mètres, pas très épaisse, mais super glissante. Je gardai mon sang froid, je levai le pied immédiatement, et j’essayai de maintenir ma voiture en ligne droite en me crispant sur le volant. Mais ce fut le choc! ... Puis la toupie, allant à droite et à gauche, tapant sur les rails de sécurité de l’autoroute et puis plus rien Si, un seul souvenir: je me retrouvai coincé et allongé entre les sièges avant de la voiture et le tableau de bord avec des souffrances horribles. Je demandai à un gendarme de bien vouloir me dégager. Ce dernier me répondit qu’il attendait l’ambulance et qu’il ne pouvait rien faire pour moi. À la fin de sa phrase, je m’évanouissais.
LE COMA
Après 7 opérations à divers endroits du corps (multi-traumatismes), je restai un mois sans connaissance à l’hôpital d’Auxerre au service de réanimation. D’après les chirurgiens et les médecins de l’hôpital, j’étais irrécupérable et je devais disparaître de la planète Terre.
Pendant ce long mois d’attente entre la vie et la mort, quelques fois j’entendais dans une espèce de brouillard la voix de ma petite femme adorée qui me demandait de tenir bon et surtout de ne pas me laisser aller. Elle m’a souvent répété qu’elle avait besoin de moi et qu’il ne fallait surtout pas que je m’en aille.
UN IMMENSE BIEN-ÊTRE
À mon réveil, mes souvenirs étaient les suivants: «À un moment donné durant ce mois sans connaissances, j’ai eu une sensation de bien-être, un bien-être que je n’avais jamais ressenti auparavant sur cette terre. Je ne sentais plus mon corps, plus de lourdeurs, plus de gêne, une liberté totale envahissait mon être. Je me sentais très très bien.» Aucune sensation de ce genre n’est comparable!
Pendant que je montais dans ce cône de lumière, j’ai entendu une musique d’un autre type; oui, c’est le mot. Ce n’est pas un genre de musique que nous connaissons sur cette planète. C’est une musique indescriptible, une finesse, une harmonie où on ne distingue aucun instrument en particulier. C’est un ensemble de notes harmonieuses qui vous pénètrent entièrement et vous donnent un bien-être inoubliable!
En tout cas, de ma vie, je n’ai ressenti autant de joie, de liberté et de bien-être qu’à ce moment-là. «Puis, tout doucement, je me suis élevé, le corps à l’horizontal dans un immense cône de lumière. Cette lumière est aussi difficile à décrire que le bien-être, compte tenu de sa puissance, de sa luminosité et pourtant, elle n’aveugle pas. Elle ne fait pas mal aux yeux. C’est une clarté éblouissante et douce.
« QU’AS-TU FAIS? »
Arrivé en haut du tunnel par ce cône de lumière éblouissante, un visage inconnu m’apparut et me dit d’une voix douce mais déterminée: «Qu’as-tu fais dans ta vie?»
À partir de sa question et en quelques millièmes de secondes, j’ai eu droit à une rétrospective complète de ma vie, depuis ma naissance, et avec tout ce que j’avais fait de bien et de mal. Le bilan était complet et je repartis avec une analyse parfaite de ce qu’il me restait à faire pour combler certaines lacunes de ma vie.
En effet, je me suis ainsi aperçu que toute ma vie j’avais couru après l’argent, la situation, la reconnaissance, les biens matériels et le confort sans jamais me préoccuper suffisamment de mon environnement.
UNE NOUVELLE VIE
J’ai mis plus d’un an à récupérer mes capacités intellectuelles et physiques. Lorsque je fus en mesure de reprendre le contact avec la réalité, le travail, la vie, je me suis aperçu que le sursis de vie terrestre que j’avais obtenu devait être rempli tout à fait différemment. C’est ce à quoi je me suis employé le plus rapidement possible en m’engageant dans de nombreux bénévolats.
Il serait trop long de décrire l'extrême et immense dévouement que mon petit bout de femme m’a prodigué pendant ce petit calvaire et si, 17 ans après, je suis toujours en vie, c’est en grande partie grâce à elle!
Une de mes missions était de faire le plus de bien possible autour de moi et comme objectif premier j’ai commencé par mon petit bout de femme adorée.
Maintenant, je m’efforce de remplir les vraies missions de ma vie tout en essayant de changer de mentalité, avec plus de tolérance et plus d’amour. J’essaie de voir les choses différemment.
J’espère que ces quelques lignes seront profitables à ceux qui cherchent à savoir ce qu’ils deviendront après la vie terrestre, leur permettant ainsi de réfléchir au bien fondé de leurs actes et de leurs pensées dans la vie présente, avant de juger ou d’agir trop rapidement.
(RAD n° 59 - juin 2002)