Un fantôme aux Communes

par Étienne Drapeau

 


La conception trinitaire de l’homme, c’est-à-dire détenteur d’un corps physique, d’un corps spirituel et d’une âme, est encore aujourd’hui, pour nombre de contemporains, une vue de l’esprit. Que notre corps physique puisse posséder un double restant invisible, notamment, paraît à certains dénué de bon sens. Certes, on parle de manifestations fantomatiques, mais il s’agit d’êtres décorporés et toutes ces manifestations font surtout peur et n’entraînent aucune réflexion, encore moins une recherche pour en examiner le bien fondé. Qu’il y ait éventuellement un rapport entre ce corps invisible et ces manifestations paraît de surcroît des plus aléatoires, pour ne pas dire davantage.

 

Quoi que beaucoup en pensent, ce corps invisible existe bien, et on peut constater la preuve de sa réalité dans certains cas, certes exceptionnels, mais qu’il est difficile parfois de remettre en cause. Ici même, nous avons consacré déjà une rubrique à cette question où nous avons évoqué les bilocations de mère Yvonne-Aimée de Malestroit au nombre de 151 en vingt-quatre ans, dont certaines ont été rapportées par un de ses amis, le père La butte.1

 

 

Les récits hagiographiques constituent, comme de bien entendu, une mine précieuse de ce type de témoignages.

 

Néanmoins, parfois, au détour d’une conversation, et le plus souvent en privé, on vous confiera avoir vu au réveil, par exemple, le corps plus ou moins translucide d’une personne toujours en vie, comme cela est arrivé, par exemple, à un membre de ma famille.

La difficulté inhérente à ces témoignages réside dans le fait qu’on les qualifie le plus souvent de subjectifs, du moins par leurs détracteurs. De fait, une seule personne constate le phénomène, et celui ou celle qui en fait l’objet ignore le plus souvent avoir été aperçu ailleurs qu’à l’endroit où il se trouvait... C’est ainsi que Victor Hugo a été vu, lors de son exil à Guernesey, sur la plage avec son chien, alors qu’il était au même moment dans son bureau en train d’écrire. Le chien n’était pas en laisse, contrairement au règlement en vigueur dans l’île, ce qui avait surpris le spectateur de la scène et l’avait amené, parla suite, à interpeller le poète, fort étonné de la remarque qui lui était faite mais qui put se justifier, ayant été vu au même moment dans son bureau.

Quand il y a répétition du phénomène par rapport à la même personne, la contestation devient évidemment déjà plus difficile. Mile Saget, dont le cas est fort connu dans les annales
de la parapsychologie, en est un des meilleurs exemples que l’on
puisse trouver. Cette personne qui était professeur dans des institutions de jeunes filles fut obligée, tout au long de sa vie, de changer d’établissement. La raison en était que ses élèves la voyaient assez souvent en deux endroits à la fois. Ceci finissait toujours par provoquer ragots et commentaires, inquiétude des proches et finalement renvoide la jeune femme par la direction qui voyait ses élèves fuir l’établissement, les parents prenant peur devant ce phénomène incompréhensible et se hâtant de retirer leurs enfants ou menaçant de le faire.

Fort heureusement, et même si  des milliers de cas ont été recensés mettant en évidence le corps invisible de l’être humain, il en existe quelques uns, où les plus sceptiques se trouvent fort dépourvus d’arguments pour en contester l’existence. Il en va ainsi, lorsque le phénomène se déroule dans un lieu particulier, de surcroît centre de décisions des affaires d’un pays... avec plusieurs protagonistes connus évidemment de tout un chacun.

C’est ce qui s’est passé, voici presque un siècle, en 1905, avec l’apparition à la Chambre des Communes du fantôme d’un député. Le phénomène n’est pas passé inaperçu à l’époque puisque tous les grands journaux de Londres en ont fait leur manchette : le Daily Express, l’Evening News, le Daily News, du 17 mai1905, l’Umpire, du 14 mai, etc.

Tous ont rendu compte de l’apparition, en pleine séance du Parlement, à la Chambre des communes, du fantôme d’un député, le major sir Carne Rasch, retenu à ce moment
chez lui par une indisposition. Trois autres députés ont d’ailleurs attesté de la réalité de cette manifestation. Voici comment l’un d’eux, sir Gilbert Parker a rapporté les faits, dans le journal Umpire du 14 mai 1905 : « Je voulais participer au débat, mais on oublia de m’appeler. Pendant que je regagnais ma place, mes yeux tombèrent sur sir Carne Rasch, assis près de sa place habituelle. Comme je savais qu’il avait été malade, je lui fis un geste amical, en lui disant:
- J’espère que vous allez mieux !

Mais il ne fit aucun signe de réponse. Cela m’étonna. Le visage de mon ami était très pâle. Il était assis, tranquille, appuyé sur une main ; l’expression de sa figure était impassible et dure.

Je songeais un instant à ce qu’il convenait de faire ; quand je me retournai vers sir Carne, il avait disparu. Je me mis aussitôt à sa recherche, espérant le trouver dans le vestibule. Mais Rasch n’y était pas ; personne ne l’y avait vu... ».

Mais que pensait le major sir Carne Rasch du phénomène qui lui était imputé ? Le journaliste d’Umpire ne craint pas d’écrire, ce qui a dû laisser perplexe beaucoup de gens, que « Sir Carne lui-même ne doute pas d’être réellement apparu à la Chambre, sous forme de double, préoccupé qu’il était de se rendre à la séance, pour appuyer de son vote le gouvernement. »

« Testis unus, testis nullus » (un seul témoignage est sans valeur), comme disaient les Romains ; mais, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il existe, en l’occurrence, fort heureusement, plusieurs témoignages concomitants. En effet, dans le journal Daily News, du 17 mai 1905, sir Arthur Hayter, un autre député, ajoute son témoignage à celui de sir Gilbert Parker. Il dit que lui-même, non seulement vit sir Carne Rasch, mais attira l’attention de sir Henry Campbell Bannerman sur sa présence à la Chambre.

Que le phénomène ait eu lieu à la Chambre des communes ou chez un particulier, ne change rien, nous en sommes bien d’accord, sur sa nature. Mais la qualité des témoins et leur nombre rendent tout simplement le fait plus difficile à critiquer par ses contempteurs.

Pour nous, il ne fait pas de doute, car dans de nombreux cas, le phénomène du fantôme de vivant a été conforté par la réaction des animaux (des chiens, des chats2 par exemple), et aussi par le fait que les dits fantômes ont aussi agi sur la  matière, ouvrant des portes. Des investigations ont été aussi menées, il y a déjà fort longtemps, au cours desquelles il a été prouvé que des plaques photographiques pouvaient être impressionnées par le fantôme d’un homme endormi, vivant à 50 km du lieu de l’expérience. « L’extériorisation ou dédoublement de l’être humain peut être provoqué par l’action magnétique. Des expériences ont été faites, et devant elles aucun doute n’est possible. Le sujet, endormi, se dédouble et va produire, à distance, des actes matériels », écrit Léon Denis dans Le problème de l’être et de la destinée.

Compte tenu des moyens techniques qui existent maintenant, on peut regretter que des expériences ne soient tentées aujourd’hui, avec des protocoles exigeants, pour apporter de nouvelles preuves de l’existence de ce double.

Pour tous ceux qui doutent de la survivance, l’existence du corps spirituel, après avoir abandonné à la mort le corps physique, paraîtrait trouver une nouvelle validation. Lorsqu’un décédé se manifeste, c’est ce corps énergétique qui devient visible, de la même façon qu’il le fait déjà parfois de son vivant.

Comme le dit si souvent Georges Morrannier dans ses messages, la parapsychologie a besoin du renfort de la Science, car c’est ainsi que sera mise en évidence, pour tous, la
nature véritable de l’homme, ou tout au moins une première approche, mais riche de perspectives spirituelles.

1- Il l’a rencontrée dans une rame du métro, alors qu’il sait qu’elle est emprisonnée par la Gestapo. Elle lui confirme qu’elle est bien en prison et qu’elle est en train de subir la torture. Le soir, alors qu’il se trouve dans le bureau de la sœur, elle sera translatée, tout ébaubie de se retrouver chez elle,le prenant, tout d’abord, pour unde ses tortionnaires. Elle était sortie des griffes de la Gestapo.

2- Dans l’Âme des animaux (page 134), Jean Prieur cite le cas suivant : une femme rêve qu’elle quitte sa chambre, traverse le salon, passe devant son mari qui lit dans un fauteuil et retourne se coucher. Lorsqu’elle raconte ce rêve à son mari, il lui apprend qu’il a vu les trois chats de la maison faire exactement le même trajet..Ils avaient suivi leur maîtresse, sans faire la différence avec son corps physique. « Si un médium avait été présent, conclut Jean Prieur, il aurait vu ce qu’ils ont vu : un fantôme de vivant. »

 

Vient de paraître :
          Mai 2022

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05 : Éditorial
06 : Georges Morrannier : 
       Le bien et le mal
07-08 Messages de Jeanne Morrannier
       et de Jean Prieur
 
09 : Les messagers de l'Invisible
10 : Père Pio : Accueillir mais ne pas juger (message) 
      - Message de Marthe Robin
      - La pensée du jour (mars 2022)

12 : Entretien avec Mischa Harmeijer
16 : Témoignage : Les apparitions de défunts au bord du lit avant un décès
       par le Dr Baptiste Vallé
20 : Les charismes
 : Apparition et aura
21 : Ces expériences qu'ils vivent :
       Senteurs de Bretagne
22 : Révélations : Les révélations de l'Au-delà
       sur l'Ukraine
24 : Chronique Dr Charbonier : Le mystère de
       la guérison spirituelle 
26 : Réflexion : "Dites que nous sommes vivants"
 
26 : Bénédiction : Retrouver la bénédiction
27 : Le bonheur, ça se construit :
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29 : Paroles
30 : ORE : Vivre joyeusement
32 : Actualités :
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37 : Matière à réflexion
37 : Conférences et médiumnité
       Mai 2022

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